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Procédé à sec

Aspiration industrielle : ce qui s’enlève avant que l’eau arrive

Les autres procédés décollent ce qui adhère. Celui-ci enlève ce qui est posé : poussière, copeaux, résidus de matière première. C’est souvent la première étape, et parfois la seule nécessaire.

Décrire le dépôt à reprendre

Nature du produit, endroit où il s’accumule, volume approximatif et accès : c’est ce qui détermine le matériel et le régime de l’intervention.

Aucune démarche commerciale automatique. Votre demande est étudiée au regard de ce que vous décrivez, puis vous êtes recontacté pour en parler.

Le principe

Le débit transporte, la dépression décolle, le filtre décide

Une aspiration industrielle n’est pas un gros aspirateur ménager. Trois caractéristiques indépendantes règlent ce qu’elle peut faire, et confondre les deux premières est l’erreur classique.

Le débit d’air transporte la matière dans le flexible : c’est lui qui compte pour reprendre un volume de copeaux légers. La dépression arrache ce qui est tassé et fait passer la matière dans un flexible long ou un coude : c’est elle qui compte sur un dépôt compacté ou en hauteur. Un appareil très débitant mais peu dépressif lâche la matière dès que le flexible s’allonge.

La filtration, elle, décide de ce qui ressort. Sur une poussière fine, un appareil mal filtré redistribue dans l’atelier une partie de ce qu’il vient de reprendre, et le travail est à refaire. C’est le point à vérifier en premier sur une intervention en zone de production.

Groupe d'aspiration industrielle raccordé à une machine-outil, bac à copeaux métalliques ouvert au premier plan
Reprise de copeaux à la source : le sec se traite sec, avant qu’un passage à l’eau ne le transforme en boue.

Le point aveugle

La poussière accumulée en hauteur est le vrai gisement

Ce qui se voit au sol se nettoie. Ce qui s’accumule au-dessus, non : sur les fermes de charpente, les chemins de câbles, les gaines, les luminaires et le dessus des machines. Personne ne le regarde, parce que personne ne monte.

Ce dépôt pose deux problèmes distincts. Le premier est qu’il retombe : chaque vibration, chaque ouverture de porte, chaque coup de vent en redistribue une partie sur la production, ce qui rend illusoire tout nettoyage qui ne traiterait que le sol.

Le second est plus sérieux, et c’est celui que les cahiers des charges oublient : une couche de poussière combustible déposée en hauteur peut être remise en suspension par un incident et former, à ce moment-là, une atmosphère explosive. C’est la raison pour laquelle le dépoussiérage en hauteur est une opération de prévention.

L’accès change alors tout le régime de l’intervention : article R4323-58 du code du travail impose la primauté de la protection collective, et le code ne fixe aucune hauteur plancher au-delà de laquelle on serait « en hauteur ».

Personne n’est monté voir ce qu’il y a sur vos charpentes depuis longtemps ? C’est le cas le plus fréquent.

Poussières combustibles

Aspirer une poussière combustible avec le mauvais matériel, c’est créer le risque

Beaucoup de poussières industrielles ordinaires sont combustibles : farine, sucre, lait en poudre, bois, papier, textile, aluminium, magnésium, charbon, certains plastiques. En nuage et dans une plage de concentration, elles forment une atmosphère explosive.

C’est pour cela que l’articles R4227-42 et suivants du code du travail prévoit que l’employeur subdivise en zones les emplacements où une telle atmosphère peut se présenter, et que l’arrêté du 8 juillet 2003 définit six zones : 0, 1 et 2 pour les gaz, vapeurs et brouillards, et les zones 20, 21 et 22 pour les nuages de poussières combustibles.

La colonne des poussières est celle qu’on oublie. Un site sans aucun gaz inflammable peut être zoné 21 ou 22 à cause de sa seule matière première. Et une aspiration crée précisément ce que la zone décrit : un nuage, dans une conduite, avec un moteur au bout.

Conséquence pratique : le zonage est établi par l’exploitant du site, et le prestataire ne fait que l’appliquer. Un prestataire doit le recevoir avant l’intervention, et c’est lui qui détermine le matériel admissible.

Qui classe

L’exploitant du site subdivise en zones (articles R4227-42 et suivants du code du travail). Le prestataire applique, il ne qualifie pas à la place du site.

Zones 20-21-22

Les trois zones de poussières sont définies par la fréquence et la durée de présence du nuage (arrêté du 8 juillet 2003). Le classement des zones à poussières

Électricité statique

Le transport pneumatique charge la matière et le flexible. C’est un point de la conception du matériel.

Accès en hauteur

Là où la poussière s’accumule, la protection collective prime (article R4323-58 du code du travail). Le nettoyage en hauteur

Vous savez déjà ce qu’il faut nettoyer et sur quel support : c’est l’essentiel de ce qui rend des propositions comparables.

Faire qualifier mon dépôt de poussières

Bien l’employer

L’aspiration passe en premier, et cela change le reste du chantier

Sur presque toutes les interventions mixtes, l’ordre compte : ce qui est aspiré à sec ne se retrouvera pas dans les eaux de lavage. Un site qui passe directement à l’eau transforme un déchet solide, facile à collecter et souvent valorisable, en effluent chargé, plus difficile et plus cher à traiter.

Qualifier la matière

Nature du produit, combustibilité, granulométrie. C’est ce qui décide du matériel admissible avant tout le reste.

Repérer les zones hautes

Charpentes, gaines, chemins de câbles, dessus de machines : le gisement réel est là.

Prévoir le contenant

Un volume aspiré est un volume à stocker puis à évacuer. La benne se prévoit avec l’intervention.

Ce que l’ordre des opérations change, à résultat final identique.
Aspiration puis lavageLavage direct
Forme du déchetun solide sec, puis un effluent peu chargéun effluent fortement chargé
Volume d’eau nécessaireréduit : moins de matière à transporterélevé : l’eau fait tout le travail
Valorisation possibleparfois, si la matière est propre et triéerare : tout est mélangé
Charge sur le réseau du sitefaibleélevée, et parfois au-delà de sa capacité
Traçabilité en sortieun seul flux solide identifiéun flux liquide à caractériser (article R541-45 du code de l’environnement)

« On a déjà un aspirateur industriel en interne. Pourquoi faire venir quelqu’un ? »

Pour trois raisons, et aucune n’est le débit de l’appareil. La première est l’accès : l’essentiel de la poussière accumulée d’un site est en hauteur, sur les charpentes, les chemins de câbles et les poutres, hors de portée sans nacelle ni cordiste. La deuxième est le classement du produit : si la poussière est combustible, un appareil ordinaire est lui-même une source d’inflammation, et l’aspirer est exactement ce qu’il ne faut pas faire. La troisième est la filtration : un appareil qui rejette l’air dans l’atelier remet en suspension ce qu’il vient de reprendre. Si vos trois points sont couverts, l’internalisation est parfaitement légitime.

Décrire le dépôt à reprendre : c’est ce qui rend les propositions comparables.

Faire qualifier mon dépôt de poussières

Après votre demande

Ce qui se passe après votre demande

Votre description est lue

Le support, la salissure, l’accès et le créneau déterminent le procédé qui peut réellement traiter le sujet. Une demande sans support identifié ne peut pas être chiffrée.

Le procédé adapté est retenu

Un spécialiste de l’hydrocurage n’est pas un spécialiste de la cryogénie. Votre demande est confiée à l’équipe d’intervention dont le procédé correspond à votre support.

Une visite de site est proposée

Aucune proposition sérieuse ne se construit sans voir le support. C’est d’autant plus vrai que l’accès, la co-activité et le sort des déchets ne se lisent pas sur un courriel.

Vous comparez sur des bases identiques

Si votre cahier des charges dit la même chose à tout le monde, les écarts entre les propositions traduisent des méthodes.

Textes de référence

Aucun texte ne réglemente l’aspiration industrielle en tant que telle. Ceux cités portent sur les atmosphères explosives et sur l’accès en hauteur, qui commandent l’essentiel des interventions.

  • Code du travail, art. R4227-42 à R4227-54 : prévention des explosions : l’employeur subdivise en zones les emplacements où des atmosphères explosives peuvent se présenter (transposition de la directive 1999/92/CE).
  • Arrêté du 8 juillet 2003 (ATEX) : protection des travailleurs susceptibles d’être exposés à une atmosphère explosive, et définition des zones 0, 1, 2 pour les gaz et 20, 21, 22 pour les poussières (en vigueur).
  • Code du travail, art. R4323-58 : les travaux temporaires en hauteur sont réalisés à partir d’un plan de travail, la protection collective primant sur la protection individuelle (en vigueur).
  • Code de l’environnement, art. R541-45 : traçabilité des déchets dangereux par bordereau de suivi dématérialisé, dans le système de gestion électronique mis en place par le ministre chargé de l’environnement (en vigueur depuis le 25 mars 2022 ; déclarations définies par l’arrêté du 21 décembre 2021, applicable au 1er janvier 2022).
  • Code du travail, art. R4512-6 : analyse en commun des risques d’interférence entre les activités, les installations et les matériels, et plan de prévention arrêté avant le début des travaux (en vigueur depuis le 1er mai 2008 (décret n° 2008-244 du 7 mars 2008)).

Questions fréquentes

Les questions : réponses courtes

Un aspirateur industriel ordinaire convient-il pour une poussière combustible ?

Non. Une aspiration crée un nuage de matière dans une conduite, avec une source d’énergie au bout : c’est la configuration même que le zonage ATEX décrit. Le matériel admissible est déterminé par la zone établie par l’exploitant (articles R4227-42 et suivants du code du travail), et cette qualification ne se présume pas.

Comment savoir si notre poussière est combustible ?

Cela se détermine par caractérisation du produit, et cela relève de l’exploitant qui connaît sa matière. Beaucoup de poussières ordinaires le sont : farine, sucre, bois, aluminium, textile. Aucun produit ne peut être classé ici à votre place.

Faut-il aspirer avant de laver ?

Dans la grande majorité des cas, oui. Le sec repris à sec reste un déchet solide, identifiable, parfois valorisable. Passé à l’eau, il devient un effluent chargé, plus coûteux à traiter et dont le classement est à établir. C’est un gain qui se mesure sur la facture d’aval.

Le dépoussiérage des charpentes est-il obligatoire ?

Aucun texte n’impose une opération de ce nom. Ce qui existe, c’est l’obligation générale de locaux régulièrement entretenus (article R4224-18 du code du travail) et, sur un site concerné par les poussières combustibles, la prévention du risque d’explosion (articles R4227-42 et suivants du code du travail). Le dépoussiérage en hauteur est un moyen d’y répondre. Ce n’est pas une obligation en soi.

Où part la matière aspirée ?

Dans un contenant à prévoir avec l’intervention, puis vers une filière selon sa nature. Si elle est classée dangereuse, sa sortie du site relève du bordereau de suivi dématérialisé de l’article R541-45 du code de l’environnement. C’est une ligne à écrire dans le cahier des charges.

Une poussière se caractérise avant de s’aspirer

Décrivez le produit et l’endroit où il s’accumule : c’est ce qui permet de dire quel matériel est admissible et si un classement de zone est en jeu.

Aucune démarche commerciale automatique. Votre demande est étudiée au regard de ce que vous décrivez, puis vous êtes recontacté pour en parler.

Décrire mon intervention